« Une aventure entrepreneuriale pleine de défis ! »
Pierre Tambouran
Pierre Tambouran est l’un des cofondateurs de Biofuel Réunion, la start-up réunionnaise qui relève le défi de valoriser les huiles alimentaires usagées. Dans cet édito, il retrace le parcours de l’entreprise et partage son expérience d’entrepreneur innovant.

Biofuel Réunion : transformer les huiles alimentaires usagées en biocarburant
Tout a commencé en 2018 lors d’un startup weekend. Hugo Dieudoné et moi avions constitué une équipe. Notre réflexion est partie d’un constat alarmant : les huiles de friture usagées à La Réunion ne sont pas valorisées. Soit, elles sont exportées, soit elles finissent au tout-à-l’égout, voire dans la nature.
Nous nous sommes lancés un défi : élaborer une solution pour valoriser ces huiles alimentaires usagées localement. À l’issue du week-end, nous avions tracé les grandes lignes de la 1ʳᵉ unité de valorisation des huiles usagées en biocarburant à La Réunion. Nous n’avons pas gagné ce jour-là, mais avons remporté le prix Encouragement !

L’incubation à la Technopole : 1ᵉʳ vrai jalon pour la création de Biofuel Réunion
En 2019, la Technopole nous fait entrer à l’incubateur. C’est la 1ʳᵉ étape de structuration de notre projet. L’incubation nous a vraiment mis le pied à l’étrier. Nous avons travaillé sur notre vision, identifié les besoins du territoire, défini nos profils clients, pensé à un axe recherche et innovation… et surtout, la Technopole nous a ouvert des portes. Nexa était également à nos côtés pour l’acculturation entrepreneuriale et l’ingénierie financière. Nous sommes vraiment reconnaissants pour ce travail d’accompagnement.
Par la suite, nous avons eu la chance d’être soutenus par l’Ademe et la Région, dans le cadre de l’appel à projets sur l’économie circulaire. Nous avons aussi intégré le Village by CA, grâce au dispositif French Tech Tremplin Incubation


La structuration de la filière est une priorité
Créer son entreprise, c’est avoir des rêves plein les yeux, mais aussi faire preuve de beaucoup de résilience. Il faut s’accrocher et mettre son ego de côté. Avant de créer une unité locale de valorisation, nous allons devoir continuer à travailler et à relever encore certains défis. Aujourd’hui, nous avons réussi à structurer une filière. Nous collectons les huiles et les exportons vers des partenaires vertueux qui valorisent l’huile en biocarburant en Europe. En 2024, nous avons déménagé au Port pour développer l’activité de collecte et d’exportation..
Nous avons lancé le label Arsycle pour les restaurateurs qui s’engagent dans la démarche de recyclage des huiles. Environ 350 restaurateurs responsables font partie de cette communauté, et ce n’est que le début !


Une montée en charge prévue pour 2025
Pour 2025, notre feuille de route est tracée. Nous allons monter en charge sur l’activité de collecte auprès des entreprises, et auprès des particuliers au sein des déchèteries. La CIREST et la CINOR sont déjà actives sur le sujet, et nous voulons le développer sur toute l’île.
L’aboutissement du projet d’unité de valorisation des huiles est en bonne voie. 2025 sera l’année de la validation définitive de son implantation, son modèle économique et son financement.
Une chose est sûre : la collaboration avec d’autres acteurs de l’écosystème sera indispensable pour réussir ce challenge qui nous tient à cœur, valoriser localement nos huiles usagées.
Éventuellement, nous prendrons aussi quelques vacances !


